| Introduction Les missions et le fonctionnement du Conseil du Patrimoine Privé Bilan de l'activité du Conseil du Patrimoine Privé de Février 1997 à Février 1998 Conclusion
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| Introduction | ||||||||||||||||||
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(1)
Il est important de noter, à ce stade, que le terme " immeuble " sera employé, dans le présent rapport, selon son acception commune et non selon sa définition juridique telle quelle résulte des articles 516 et suivants du Code Civil.
(2) Ce service a lui-même disparu depuis la rédaction du rapport de la Commission Consultative.
(3) Par définition du domaine intercalaire, ces chiffres sont en constante évolution, au gré des opérations durbanisme de la Ville.
| Les missions et le fonctionnement du Conseil du Patrimoine Privé |
| 1 - Missions du Conseil du Patrimoine Privé Créé par un arrêté du 28 février 1996, le Conseil du Patrimoine Privé de la Ville de Paris est un organe indépendant, disposant dune compétence consultative générale en ce qui concerne les questions relatives au " domaine privé " de la Ville de Paris, entendu, ainsi quon la précisé, comme lensemble des immeubles gérés par lex " service du domaine privé " de la Ville ou dont la gestion par des sociétés déconomie mixte est supervisée par ce service. Dans ce cadre, le Maire de Paris peut saisir le Conseil afin de recueillir son avis, et le Conseil peut lui-même se saisir de toute question entrant dans son champ de compétence. a) Sa mission principale consiste à veiller à la mise en oeuvre des conclusions et orientations contenues dans le rapport sur le domaine privé de la Ville de Paris établi le 30 novembre 1995 par la Commission consultative sur le domaine privé de la Ville de Paris, et approuvé par le Conseil de Paris au cours de sa séance du 18 décembre 1995. A ce titre :
b) A la suite des interrogations suscitées
par les modalités dacquisition dune partie du domaine privé pendant
lOccupation, le Maire de Paris, par une lettre du 2 - Composition du Conseil du Patrimoine Privé Statutairement, le Conseil du Patrimoine Privé comprend un Président, Conseiller dEtat désigné, à la demande du Maire de Paris, par le Vice-Président du Conseil dEtat, cinq membres titulaires et trois membres suppléants nommés par le Maire de Paris, après consultation du Président, à raison de leur expérience professionnelle dans les domaines juridique et immobilier. Au 28 février 1998, sa composition était la suivante :
M. Charles-Marie JOTTRAS, Vice-Président et Directeur Général du groupe FEAU ; Le Conseil du Patrimoine Privé est assisté par un rapporteur qui, au 28 février 1998, était M. Pierre COLLIN, auditeur au Conseil dEtat. 3 - Procédures dexamen des dossiers Le Conseil du Patrimoine Privé a tenu 15 séances au cours de sa deuxième année dactivité (du 28 février 1997 au 28 février 1998) au titre de sa mission initiale. Le Conseil du Patrimoine Privé et le Groupe dExperts placé auprès de lui ont, en outre, tenu 7 autres séances consacrées à la mission complémentaire que leur a confiée le Maire de Paris, relative à lexamen des conditions dacquisition des biens du domaine privé. Les avis que le Conseil du Patrimoine Privé a rendus au cours de cette année portaient, dune part, sur des questions dordre général et, dautre part, sur lexamen particulier de chaque immeuble et de chaque lot. 3.1 - Examen de questions dordre général On a rappelé précédemment que le Conseil du Patrimoine Privé pouvait être saisi de toute question générale relative au domaine privé de la Ville de Paris. A ce titre, il a, au cours de ce second exercice, été conduit à se prononcer sur : - les modalités du transfert aux bailleurs
sociaux ; Ces différents points seront développés dans la dernière partie du présent rapport dactivité. 3.2 - Examen particulier de chaque immeuble et de chaque lot a) Vérification des origines de propriété Les interrogations suscitées, en octobre 1996, par les modalités dacquisition de certaines propriétés communales pendant lOccupation, ont conduit le Maire de Paris à confier au Conseil du Patrimoine Privé, le 26 novembre 1996, une mission de vérification systématique des origines de propriété de lensemble des immeubles du " domaine privé " et de tous autres immeubles désignés par le Maire. Le Conseil du Patrimoine Privé a pour mandat didentifier, parmi les immeubles acquis par la Ville ou par la Préfecture de la Seine pour son compte, ceux dont les propriétaires ont pu être victimes de spoliations pendant la période de lOccupation en application de textes discriminatoires édictés par le régime de Vichy ou le commandement militaire allemand. A cette fin, le Conseil du Patrimoine Privé a poursuivi, au cours de sa deuxième année dactivité lexamen, entrepris au cours du précédent exercice, de lensemble des actes dacquisition des immeubles du domaine privé, avec laide des notaires de la Ville et de trois autres notaires et selon des règles quil convient de rappeler. La procédure suivie par le Conseil est déterminée par la date dacquisition de limmeuble :
b) Classement Le Conseil du Patrimoine Privé a poursuivi son examen des immeubles et lots du domaine permanent et du domaine intercalaire pérenne en vue de proposer au Conseil de Paris un classement exhaustif aux fins de vente, de transfert aux bailleurs sociaux ou de maintien dans le patrimoine de la Ville. La situation de chaque immeuble est, à cette fin, examinée au regard des critères énoncés par la Commission consultative et adoptés par le Conseil de Paris :
Les dossiers de classement adressés aux membres du Conseil, en principe dans la semaine qui précède chaque séance, comportent :
c) Modalités de cession et mesures de gestion Le Conseil du Patrimoine Privé se prononce non seulement sur le principe de la vente ou du transfert aux bailleurs sociaux de chaque immeuble, mais aussi sur les modalités de gestion et de cession de chaque lot. Après que le classement dun immeuble
a été adopté par le Conseil de Paris, le Conseil du Patrimoine est donc à nouveau
saisi dopérations très diverses, selon le type doccupation (logement,
commerce, association, administration) et le régime juridique de la location (loi du
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| Bilan de l'activité du Conseil du Patrimoine Privé de Février 1997 à Février 1998 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
1 - Le classement des biens du domaine privé Au cours de sa première année dactivité, le Conseil du Patrimoine Privé avait émis des avis relatifs au classement de plus de la moitié des immeubles des domaines dits " permanent " et " intercalaire pérenne " -258 sur un total de 500-, de 75 % des logements situés dans ces immeubles -1 655 sur 2 209- et de 71,6 % des commerces -257 sur 359-. Le décalage entre la proportion dimmeubles et de logements classés sexpliquait par la priorité donnée à lexamen du classement des immeubles affectés au logement ou à une occupation commerciale. Le Conseil du Patrimoine Privé a poursuivi, au cours de sa deuxième année dactivité, lexamen des propositions de classement formulées par les services de la Ville. Au 28 février 1998, il avait émis des avis relatifs au classement des 291 immeubles, de 1 790 logements et de 282 commerces, soit respectivement 58,2 %, 81 % et 78,6 % de leffectif total. La répartition de ces avis selon leur sens, cest-à-dire entre transfert aux bailleurs sociaux, vente et maintien dans le patrimoine communal, est indiquée dans le tableau suivant :
1.1 - Domaine privé permanent a) Etat davancement du classement
Le décalage observé entre le taux de classement des immeubles dune part et celui des logements et des commerces dautre part, sexplique par les raisons précédemment exposées, à savoir la priorité donnée aux immeubles comportant des logements et des commerces sur ceux affectés à un usage associatif qui constituent lessentiel de ceux restant à classer.
- la Ville concentre son intervention sur
les associations dont lactivité rejoint les compétences de la collectivité
parisienne et complète la politique culturelle de la Ville, son action sociale, ses
activités daccueil ou dentraide ; Ce sont ainsi 10 immeubles affectés principalement ou exclusivement à une occupation associative qui ont fait lobjet dun avis quant à leur classement. Pour 8 dentre eux, le Conseil du Patrimoine Privé a proposé le maintien dans le patrimoine communal. Il sagit dans tous les cas dassociations à but culturel (telles que le Musée du Vieux Montmartre) ou à vocation sociale. Le Conseil du Patrimoine Privé a systématiquement assorti son avis de la condition que le loyer consenti lassociation soit réévalué pour atteindre le niveau moyen des loyers pratiqués dans le quartier pour les immeubles à usage de bureaux diminué de 30 %, quitte à ce que la Ville accroisse en contrepartie et à due concurrence la subvention accordée à lassociation locataire. Le Conseil du Patrimoine Privé a sursis à statuer dans les 2 autres cas dans lattente dinformations complémentaires. Le nombre davis rendus par le Conseil du Patrimoine Privé à propos dimmeubles affectés à une occupation associative peut paraître modeste. Il sexplique par le fait que le Conseil a souhaité, pour chacun des cas examinés, disposer dune information très complète relative notamment, aux comptes de lassociation, à la nature de ses activités, à son mode de fonctionnement, à sa situation juridique ainsi quà ses relations avec la Ville. b) Répartition générale des propriétés classées
Le Conseil du Patrimoine Privé a proposé le classement aux fins de vente de 59,9 % des immeubles, le transfert aux bailleurs sociaux étant préconisé pour 17,2 % dentre eux et le maintien dans le patrimoine pour les 22,9 % restant. Ces données brutes masquent un fort contraste entre deux groupes dimmeubles : les immeubles détenus par la Ville en pleine propriété et les immeubles dont la Ville nest que copropriétaire, qui représentent respectivement trois-quarts et un quart des immeubles du domaine permanent. Eu égard à la difficulté, pour les bailleurs sociaux, de gérer des logements sociaux isolés au sein dimmeubles en copropriété, la Commission Consultative, dont les conclusions ont été adoptées par le Conseil de Paris, avait proposé de réserver, sauf cas exceptionnel, le transfert aux bailleurs sociaux aux immeubles détenus en pleine propriété par la Ville. Cest ainsi que 92 % des immeubles en copropriété ont fait lobjet davis de classement aux fins de vente. En revanche, moins de la moitié (44 %) des immeubles détenus en pleine propriété ont fait lobjet dune telle proposition de classement, le Conseil du Patrimoine Privé ayant proposé le transfert aux bailleurs sociaux pour plus du quart dentre eux. Ce contraste se retrouve en termes de logements. Derrière les chiffres globaux -55,3 % de propositions de classement aux fins de vente et 42,5 % de propositions de transfert aux bailleurs sociaux-, il convient de distinguer les propositions relatives au classement des logements situés dans des immeubles en copropriété, qui sont toutes dans le sens de la vente, de celles relatives au classement des logements situés dans des immeubles détenus en pleine propriété, qui séquilibrent entre vente et transfert aux bailleurs sociaux. c) Répartition géographique des propriétés classées
Le Conseil du Patrimoine Privé a proposé le classement aux fins de transfert aux bailleurs sociaux de près de 72 % des logements situés dans les quartiers Ouest de Paris qui lui ont été présentés. Sil convient de ne pas donner une signification excessive à ce chiffre, dans la mesure où les logements situés dans les quartiers Ouest ne représentent que 15 % du total des logements dont le classement a été examiné (contre 65 % pour les arrondissements centraux et 20 % pour les quartiers Est), il tend néanmoins à montrer que la préoccupation de mixité sociale sur laquelle insistait le rapport de la Commission Consultative demeure celle du Conseil du Patrimoine Privé. 1.2 - Le domaine intercalaire pérenne Au 28 février 1998, le Conseil du
Patrimoine Privé avait examiné le classement de Le Conseil du Patrimoine a proposé le classement des trois quarts de ces immeubles aux fins de vente et le transfert aux bailleurs sociaux du quart restant. Le Conseil du Patrimoine Privé a, par ailleurs, proposé le transfert aux bailleurs sociaux de 61,6 % des logements sur lesquels il a statué (212 sur 344) et la vente des 38,4 % restant (132 sur 344). 1.3 - Ladoption par le Conseil de Paris des propositions de classement A la date du 28 février 1998, le Conseil de Paris sétait prononcé sur le classement de 71 des immeubles communaux des domaines " permanent " et " intercalaire pérenne " ayant fait lobjet dun avis du Conseil du Patrimoine Privé, -soit 42 %-, étant rappelé que le principe du classement aux fins de vente des copropriétés a été validé par le Conseil de Paris en décembre 1995 et que ces biens ne lui sont, par conséquent, pas soumis. Le Conseil de Paris a, par ailleurs, délibéré sur le classement de 1 216 logements, soit plus de 67,9 % de ceux soumis à lavis du Conseil du Patrimoine Privé (hors sursis à statuer). Dans tous les cas, le Conseil de Paris a suivi lavis du Conseil du Patrimoine Privé. 2 - La vérification des origines de propriété des biens du domaine privé Au cours de sa deuxième année dactivité, le Conseil du Patrimoine Privé a consacré une partie importante de son travail à la vérification des origines de propriété des biens communaux, tâche qui avait été entamée au cours de lannée précédente. 2.1 - Etat davancement des vérifications u Ces vérifications sont aujourdhui très avancées concernant le domaine permanent puisquelles ont été effectuées pour 227 des 350 immeubles composant leffectif " historique " (64,9 %) et, surtout, pour 1 491 des 1 535 logements (97,1 %). Pour le domaine permanent, les vérifications ont conduit le Conseil du Patrimoine Privé a validé les origines de propriété de 204 immeubles (89,9 % des immeubles soumis à vérification) et de 1 356 logements (90,9 % des logements vérifiés). Le Conseil du Patrimoine Privé a donc été amené à réserver son avis sur les origines de propriété denviron 10 % des immeubles et des logements concernés dans lattente du résultat des investigations, menées en coopération avec le Groupe dExperts placé auprès de lui, relatives aux conditions dans lesquelles sont intervenues les mutations dont ces biens ont fait lobjet pendant la période de lOccupation. Le Conseil du Patrimoine Privé a, notamment, réservé son avis sur les origines de propriété de tous les immeubles situés dans le quartier dit " îlot insalubre n° 16 " acquis pendant la période de lOccupation et qui se trouvent encore à ce jour dans le domaine privé communal.
Le Conseil du Patrimoine Privé a réservé son avis pour 6 immeubles (9,1 % des immeubles vérifiés) et pour 25 logements (6,8 % des logements vérifiés).
77 adresses correspondant à 35 immeubles -les autres adresses étant, en général, des terrains- et 351 logements ont ainsi fait lobjet de vérifications. Les origines de propriété ont été validées pour 87 % des adresses, 77 % des immeubles et 85 % des logements, le Conseil du Patrimoine Privé réservant son avis dans les autres cas. 2.2 - Date dacquisition des biens
dont les origines de propriété ont fait lobjet de Parmi les biens sur les origines de propriété desquels le Conseil du Patrimoine Privé a réservé son avis, seuls 35,9 % ont été acquis pour le compte de la Ville pendant la période de lOccupation. Près de 60 % de ces biens ont été acquis postérieurement à la Libération. Si lon exclut les biens situés dans le périmètre de lîlot n° 16 qui ne représentent que 5 % des biens dont les origines de propriété ont été vérifiées au 28 février 1998 et qui font lobjet de recherches systématiques, ces proportions sont, respectivement, de 7,7 % et 84,6 %.
Cela signifie que dans la très grande majorité des cas, les biens concernés nont pu faire lobjet de spoliations du fait de la Préfecture de la Seine lors de leur acquisition pour le compte de la Ville de Paris et pourraient seulement être susceptibles davoir fait lobjet dune spoliation du fait dun précédent propriétaire avant leur incorporation dans le patrimoine privé communal. Les recherches approfondies relatives à ces biens nont pas encore débuté à ce jour, le Conseil du Patrimoine Privé et le Groupe dExperts qui lui est adjoint ayant jusquici concentré leurs efforts sur les recherches relatives aux conditions dacquisition par la Préfecture de la Seine pour le compte de la Ville des biens entrés dans le domaine privé pendant la période de lOccupation. Les recherches relatives aux biens acquis par la Ville après la Libération et ayant fait lobjet de mutations entre le 10 juillet 1940 et le 25 août 1944 seront beaucoup plus difficiles à mener. Ces mutations ont été réalisées dans un cadre privé et il nexiste pas de dossier administratif relatant les conditions dans lesquelles les mutations sont intervenues, comme cela peut être le cas, par exemple, pour les acquisitions opérées par une collectivité publique par voie dexpropriation. Le seul document éventuellement disponible pour les mutations entre personnes privées est lacte notarié qui contient, par nature, beaucoup moins dinformations quun dossier dexpropriation. Surtout ces recherches ne pourront - à supposer que des éléments suffisants sur les conditions dans lesquels la mutation est intervenue puissent être retrouvés - que déboucher sur le constat éventuel de spoliations commises par des personnes privées étrangères à la Ville, dont cette dernière ne saurait en aucune matière être tenue pour responsable et sans que le Conseil du Patrimoine Privé puisse formuler la moindre proposition de réparation. Ce constat conduit le Conseil du Patrimoine Privé à sinterroger sur lopportunité de telles recherches relatives aux biens acquis par la Ville ou pour son compte après la Libération et ayant fait lobjet de mutations pendant lOccupation et du maintien du moratoire sur toutes mesures de gestion les concernant. 3 - Les modalités de gestion et de cession des immeubles du domaine privé 3.1 - Les mesures de préparation à la vente a) Le déplafonnement des loyers commerciaux La Commission Consultative, relevant que la location de locaux commerciaux ne constituait pas une activité entrant dans le champ daction naturel dune collectivité publique, avait retenu le principe de la vente de ces locaux. Cest ainsi que, comme indiqué précédemment, le Conseil du Patrimoine Privé a proposé le classement aux fins de vente des locaux commerciaux sauf lorsquils se situaient dans des immeubles destinés à être transférés aux bailleurs sociaux ou à demeurer dans le patrimoine communal. Le prix de vente dun local commercial étant directement fonction du loyer escompté par lacquéreur, il est toutefois apparu préférable, dans le cas des locaux commerciaux pour lesquels le loyer était très inférieur aux valeurs de marché, de ne procéder à la vente quaprès que le loyer aura été déplafonné et porté au niveau du marché, ce qui ne peut sopérer que progressivement, à léchéance du bail. Le Conseil du Patrimoine Privé a poursuivi, au cours de sa deuxième année dactivité le déplafonnement des loyers commerciaux. Il a ainsi émis un avis favorable à la délivrance de congés avec offres de renouvellement assorties dun nouveau loyer à trois locataires de locaux commerciaux situés dans le 6e arrondissement. Les loyers correspondants ont été augmentés dans des proportions allant de 1,8 à 3,2. Les avis émis par le Conseil du Patrimoine Privé en matière de déplafonnement de loyers commerciaux ont à nouveau, cette année, suscité des réactions dincompréhension de la part de certains élus des arrondissements concernés qui estiment que cette politique contribuerait à la désertification culturelle des quartiers centraux. Une telle analyse est non seulement dépourvue de fondement mais, surtout, contraire à la réalité juridique et économique, voire au bon sens. Le Conseil se doit, à cet égard, de rappeler que la Ville ne peut que constater la hausse du niveau général des loyers commerciaux et ne saurait y faire obstacle par une politique de loyers minorés. Il serait dune part, en effet, politiquement et juridiquement très discutable quune collectivité publique subventionne de manière implicite et pour des montants très élevés des activités commerciales, fussent-elles culturelles. Dautre part, une telle subvention serait en tout état de cause inefficace pour obtenir le maintien des commerces en cause, lesquels ne pourraient, ainsi que lexpérience la montré, quêtre incités à céder leur droit au bail dont la valeur est inversement proportionnelle au montant du loyer. On sait, en effet, que la valeur de ce droit au bail peut être estimée en capitalisant sur 7 à 9 ans la différence entre les loyers de marché et le loyer consenti dans le cadre du bail en cours. La Ville et le Conseil du Patrimoine Privé ne sont en rien responsables dune situation qui a pu être qualifiée, par certains élus, de " kafkaïenne " mais qui nest que le résultat du libre jeu du marché. b) Les congés pour vendre Le Conseil de Paris, suivant en cela les conclusions du rapport de la Commission Consultative sur le Domaine Privé, a adopté le principe de ne vendre que des locaux vacants. Les logements ne peuvent donc être vendus quà lissue des baux en cours après mise en oeuvre de la procédure de congé pour vendre prévue à larticle 15 de la loi du 6 juillet 1989. Au cours de sa deuxième année dactivité, le Conseil du Patrimoine Privé a émis un avis favorable à la notification de 21 congés pour vendre, ce qui porte à 37 le nombre total de congés sur lesquels le Conseil sest prononcé favorablement depuis sa création. Ces propositions ont toutes été suivies par le Conseil de Paris. Les prix dacquisition proposés aux locataires de ces logements se situaient dans une fourchette de 15 000 F par m² - pour deux logements situés dans le 2ème arrondissement - à près de 30 000 F par m² -pour un bien situé au coeur du 6ème arrondissement-. 4 des 21 locataires concernés se sont portés acquéreurs de leur logement au terme de la procédure de congé pour vendre. Le produit de la vente de ces 4 logements, situés pour deux dentre eux dans le 3e arrondissement et pour les deux autres dans le 6e arrondissement, sest élevé à 5 075 000 F. Les locataires ayant décliné loffre
de vente ont remis leur logement à la Ville dans La Ville a en outre souhaité notifier des
congés pour vendre aux locataires de Cela étant, le Conseil du Patrimoine Privé est tout à fait conscient des difficultés de gestion que cette position entraîne. Les sursis ainsi prononcés offrent aux locataires concernés lopportunité de voir leur bail renouvelé pour 6 ans avec une possibilité très limitée de hausse du loyer. En sabstenant de délivrer les congés pour vendre, la Ville se prive en effet du seul moyen de contrainte dont elle dispose et sen remet totalement à la bonne volonté des locataires pour obtenir la libération des logements et pour quil soit mis fin à certaines situations dont la morale publique ainsi quun élémentaire souci de bonne gestion exigent quelles ne soient pas pérennisées. Il convient à cet égard de rappeler quau cours de la première année dactivité du Conseil du Patrimoine Privé, le moratoire prononcé par le Maire avait empêché la délivrance, dans les délais légaux, de huit congés pour vendre et que si trois des locataires concernés avaient accepté de quitter spontanément le logement quils occupaient à lexpiration du bail, les cinq autres navaient pas estimé devoir agir de même. Le Conseil de Paris, qui dispose seul du pouvoir de décision en la matière -le Conseil du Patrimoine Privé nayant quun rôle strictement consultatif- a choisi de procéder à la notification de ces congés pour vendre en dépit du sursis à statuer. Deux des locataires concernés se sont portés acquéreur de leur logement. Compte tenu de ces deux cessions supplémentaires, le produit total des ventes sétablit à 9 150 000 F. Les 5 locataires ayant décliné loffre de vente se sont tous maintenus dans les lieux. Pour lun dentre-eux, le bail nest pas encore, à ce jour, parvenu à échéance. Un deuxième a partiellement libéré son logement et la Ville lui a consenti, en raison de son âge, un nouveau bail sur la partie non libérée. Les trois derniers se maintiennent dans les lieux sans droit ni titre. Deux procédures judiciaires ont été engagées par la Ville pour obtenir la libération des lieux. c) Les procédures de sortie de la loi de 1948 La procédure de congé pour vendre ne peut être mise en oeuvre dans le cas des logements soumis au régime de la loi du 1er septembre 1948. Il est donc nécessaire, pour ceux de ces logements qui sont destinés à la vente, de procéder à la sortie de ce régime lorsque cela est possible, à savoir pour les seuls logements classés en catégorie II B et II C, à lissue dun bail spécifique de huit ans au cours duquel le loyer est progressivement porté au niveau du marché et sous réserve que les ressources du locataire soient suffisantes. Les logements de catégorie III A, B et C et IV ne permettent pas dengager une procédure de sortie de la loi de 1948 mais peuvent toutefois être reclassés en catégorie II B et II C lorsque leurs caractéristiques de confort correspondent à celles de ces catégories. Le caractère justifié, au regard des caractéristiques du logement et de la situation du locataire, du maintien dans le régime de la loi de 1948 des logements situés dans les immeubles destinés à demeurer au sein du patrimoine communal est également systématiquement examiné. En revanche, la sortie du régime de la loi de 1948 nest pas recherchée pour les logements situés dans des immeubles destinés à être transférés à des bailleurs sociaux. Il appartiendra aux organismes auxquels ces immeubles seront transférés de gérer la transition entre le régime de la loi de 1948 et celui résultant de lapplication des conventions de type PLA ou PLI. Le Conseil du Patrimoine Privé est systématiquement consulté sur le principe de la mise en oeuvre des procédures de reclassement et de sortie du régime de la loi de 1948 ainsi que sur le montant du loyer dobjectif devant être atteint au terme du bail de huit ans. 345 des 973 logements du domaine permanent et du domaine intercalaire pérenne classés aux fins de vente ou de maintien dans le patrimoine communal au 28 février 1998 sont soumis au régime de la loi de 1948. Le Conseil du Patrimoine Privé avait à cette date été consulté sur 192 dentre eux. Dans 186 cas, le Conseil du Patrimoine Privé a émis un avis favorable à lengagement dune procédure de sortie précédée, le cas échéant, du reclassement du logement. Le Conseil a préconisé le maintien dans le régime de la loi de 1948 de quelques logements en raison de leur exiguïté, de labsence déléments de confort ou du niveau de ressources des locataires, éléments qui, en tout état de cause, auraient empêché de mener la procédure de sortie à son terme. Sur les 186 procédures engagées au 28 février 1998, qui concernent toutes des logements situés dans le 4e et le 6e arrondissement, 80 sont achevées : - 25 baux de huit ans ont été signés
avec les locataires, Par ailleurs, 28 cas doccupation irrégulière ont été mis en évidence par la Ville qui a dénoncé les baux correspondants. Les procédures de sortie de la loi de 1948 donnent lieu à de nombreux contentieux. Un grand nombre de locataires contestent les reclassements et refusent de signer les baux de sortie. Pas moins de 54 instances sont actuellement en cours concernant des procédures engagées avant le 28 février 1998. 3.2 - La préparation et les résultats des ventes
Conformément aux conclusions de la Commission Consultative, le Conseil de Paris a opté pour le principe dune vente par adjudication chaque fois que les caractéristiques du bien le permettent. Ce mode de cession est en effet le plus à même de garantir une parfaite transparence dans les opérations de ventes. Des exceptions à cette règle sont toutefois possibles dans le cas de biens très spécifiques pour lesquels il nexiste pas vraiment de marché et pour lesquels une vente amiable est susceptible de conduire à un meilleur résultat. Au cours de sa deuxième année dactivité, le Conseil du Patrimoine Privé sest prononcé sur les modalités de cession de 154 biens du domaine privé. Il a émis un avis favorable à la vente par adjudication de 113 de ces biens et à la vente de gré à gré de 29 autres. Il a sursis à statuer dans 12 cas, le plus souvent dans lattente déléments dinformation complémentaires. Pour éclairer sa réflexion quant au prix de cession, le Conseil du Patrimoine Privé dispose des estimations des services fonciers. Il a toutefois été amené, à plusieurs reprises, à sécarter notablement de ces estimations qui, au regard de ses propres préoccupations, ne lui apparaissaient pas suffisamment motivées et se sont trouvées, dans la période de dépression du marché immobilier, parfois en décalage avec lévolution récente du marché. Dans cinq cas, dont lun concerne un terrain situé en banlieue parisienne et pour lequel les services fonciers ont fourni trois évaluations successives variant dans un rapport de 1 à 4 sans être assorties déléments de comparaison, le Conseil du Patrimoine Privé a été conduit à demander à la Ville de faire procéder à une évaluation des biens en cause par un expert indépendant. Cette solution a généralement donné des résultats satisfaisants. Ventes par adjudication Pour assurer une plus grande efficacité, le Conseil du Patrimoine Privé supervise les ventes par adjudication des logements du domaine privé du début à la fin de la procédure. Il veille ainsi, tout dabord, à ce quune publicité adéquate soit faite avant chaque vente, notamment dans les grands journaux nationaux. Le Conseil du Patrimoine Privé a parfois également demandé à la Ville de procéder à des mesures de publicité particulières préalablement à la vente de biens de très grande qualité. Ensuite, la composition du programme de chaque vente est opérée sous le contrôle dun membre du Conseil du Patrimoine Privé. Sept séances dadjudication ont été organisées entre le 28 février 1997 et le 28 février 1998. Sur les 117 biens mis en vente, 93 ont été vendus - soit une proportion de mises aux enchères infructueuses de 20,5 % - pour un produit total de plus de 102 MF. Ce produit est supérieur de près de 12 MF à la somme des mises à prix des biens mis en adjudication de près de 25 MF à la somme des mises à prix des seuls biens vendus. Cela signifie quen moyenne, les biens vendus lont été pour un montant supérieur de 30 % à leur mise à prix.
Les biens vendus se situent, pour lessentiel dans les 1er, 3e, 4e, 6e et 16e arrondissements. 7 biens, tous situés dans le 6e
arrondissement, ont fait lobjet de surenchères à hauteur de 10 % du prix
dadjudication dans les 10 jours qui ont suivi la vente. Dans ces conditions, la
Ville les a remis ultérieurement en adjudication. Les prix les plus élevés de toutes
les séances dadjudication organisées au cours de lannée écoulée ont été
observés pour ces biens. Un appartement de 5 pièces et 145 m² a ainsi été adjugé à
plus de 50 000 F/m² et un appartement de 2 pièces et 42 m² a atteint la somme de 71 000
F/m². Mais la cession la plus surprenante demeure celle dun garage de 25 m²
adjugé, dans un premier temps pour 1 MF puis pour Les enchères infructueuses se concentrent dans lEst parisien et notamment dans le 19e arrondissement. Les biens qui nont pas trouvé preneur dans cet arrondissement sont, pour lessentiel, des biens de qualité médiocre. Les ventes de gré à gré Au cours de la période du 28 février 1997 au 28 février 1998, 8 biens ont été vendus de gré à gré pour une valeur totale de 30,6 MF. Il sagit pour lessentiel de terrains et dimmeubles du domaine intercalaire cédés à des sociétés daménagement, conformément à leur destination normale. 3.3 - La préparation des transferts aux bailleurs sociaux Au 28 février 1998, le Conseil du Patrimoine Privé avait proposé le transfert aux bailleurs sociaux de 55 immeubles des domaines permanent et intercalaire pérenne, comprenant 826 logements. A cette même date, le Conseil de Paris avait adopté ce classement pour 32 immeubles et 580 logements. Le Conseil du Patrimoine Privé navait toutefois encore été saisi, à la fin de sa deuxième année dactivité, des modalités particulières de transfert daucun de ces immeubles, la réflexion relative au schéma global des transferts nétant pas achevée, ainsi que cela sera exposé plus loin au titre des questions générales. 4 - Les questions générales soumises au Conseil du Patrimoine Privé A titre liminaire, il convient dindiquer que le Conseil du Patrimoine Privé na pas perçu, au cours de sa deuxième année dactivité, la nécessité de séloigner sensiblement des options retenues dans le rapport de la Commission Consultative et des choix opérés par lui depuis sa création. Il en va de même pour les procédures et les méthodes de travail. 4.1 - Transfert aux bailleurs sociaux Loption principale retenue dans le rapport de la Commission Consultative sur le domaine privé était le transfert aux bailleurs sociaux de tous les immeubles du domaine privé dont les caractéristiques le permettent. Lobjectif qui sous-tendait ce choix était le développement du logement social, le transfert aux bailleurs sociaux ne constituant quun des moyens datteindre cet objectif, un autre étant laffectation du produit des ventes des biens du domaine privé aux opérations de construction de logements sociaux. Dans le cas des ventes, le recours à la procédure dadjudication publique sest imposée avec évidence comme la plus efficace en termes de produit tiré des ventes et comme la plus transparente. La problématique du transfert à des professionnels du logement social dimmeubles existant apparaît toutefois infiniment plus complexe que celle de la vente de ces immeubles et le transfert aux bailleurs sociaux ne peut concrètement débuter avant que soient apportées des réponses à plusieurs questions de principe relatives tant aux choix politiques de la Ville quaux modalités techniques du transfert. Les principaux arbitrages à opérer sont les suivants : - Faut-il privilégier un transfert en bloc des immeubles concernés à un ou deux grands opérateurs, ce qui permettrait de procéder rapidement et sans difficultés, ou un transfert fractionné au profit dun plus grand nombre dopérateurs, ce qui permettrait dobtenir une adéquation plus fine entre les caractéristiques des immeubles et logements transférés et le savoir faire spécifique de chaque opérateur ? - Selon quelles modalités juridiques -transfert en pleine propriété , bail emphytéotique, autres modalités- le transfert doit-il être opéré ? - Quel mode de sélection des candidats faut-il adopter ? La mise en concurrence des différents bailleurs candidats à la reprise dune partie des immeubles et logements classés aux fins de transfert aux bailleurs sociaux doit seffectuer selon des modalités garantissant la plus grande transparence tout en demeurant réaliste au regard de la spécificité de lopération de transfert. - Au regard de quels critères la sélection des candidats à la reprise de ces immeubles et logements doit-elle être effectuée ? Parmi les critères pertinents figurent :
Pour nourrir sa réflexion en la matière, le Conseil du Patrimoine Privé a organisé au cours de cette année, trois séances daudition des responsables des principaux bailleurs sociaux de la place de Paris, certains gérant déjà des logements sociaux appartenant à la Ville, dautres étant dépourvus de tout lien avec celle-ci. Ces séances ont donné lieu à de fructueux échanges de vue sur les différentes questions évoquées. Le Conseil du Patrimoine Privé a pu ainsi constater que si des points de convergence existaient sur certains sujets, chaque organisme ou société possédait sa propre culture et ses propres techniques de gestion. Conformément à la répartition des rôles entre la Ville et le Conseil du Patrimoine Privé rappelée plus haut, il appartenait ensuite aux autorités municipales, qui possèdent seules le pouvoir de décision, de soumettre pour avis au Conseil du Patrimoine Privé des propositions quant à larchitecture générale des transferts, ce quelles ont fait en février 1998. Le schéma proposé par la Ville reposait sur le postulat selon lequel les transferts seraient opérés au profit exclusif des organismes qui participent aujourdhui à la gestion des logements du domaine privé par le biais de conventions de gestion, à savoir lOPAC de Paris et les sociétés déconomie mixte de la Ville. Celle-ci a en effet fait valoir à lappui de sa proposition que les bailleurs sociaux situés dans la mouvance municipale géraient lessentiel des 190 000 logements sociaux situés sur le territoire parisien et disposaient ainsi dun savoir faire et dun professionnalisme reconnu, de telle sorte quil était inutile, selon elle, denvisager quelle confie certains des immeubles du domaine privé à un opérateur extérieur. Statuant sur ces propositions, le Conseil du Patrimoine Privé a, en premier lieu, été conduit à rappeler que le rapport de la Commission Consultative, dont les conclusions ont été adoptées par le Conseil de Paris dans sa délibération du 18 décembre 1995, ne précisait nullement que le transfert aux bailleurs sociaux des immeubles et logements classés à cette fin devait sopérer exclusivement au sein de la sphère municipale et que, dans lesprit des membres de la Commission Consultative, il était nécessaire douvrir a priori le transfert à lensemble des acteurs du logement social de manière à garantir à la fois une transparence incontestable dans les opérations de transfert et la meilleure gestion possible des logements transférés. Il a, en second lieu, relevé que les rencontres organisées avec les représentants des principaux bailleurs sociaux parisiens avaient montré, dune part, que la qualité de gestion des organismes proches de la Ville pouvait, dans certains cas, paraître insuffisante et, dautre part, que certains des bailleurs sociaux ne participant pas actuellement à la gestion du parc de logements sociaux de la Ville offraient de très intéressantes prestations. Pour lensemble de ces raisons, le Conseil du Patrimoine Privé a été conduit à émettre un avis défavorable aux principes proposés par la Ville pour guider le choix des organismes bénéficiaires du transfert. 4.2 - Politique des ventes a) Composition des programmes dadjudication Lexpérience acquise au cours de la première année dactivité a permis daffiner la politique de composition des programmes dadjudication. Il a ainsi été constaté que la mise en vente de biens de grande qualité, situés pour lessentiel dans le IVe et le VIe arrondissements, provoquait un " effet dappel " qui bénéficiait à lensemble des lots du programme. Cest pourquoi le Conseil du Patrimoine Privé a conseillé à la Ville de composer systématiquement le programme des ventes, à parts égales, de biens de qualité et de biens plus ordinaires. Lexpérience a également montré que certains biens, de qualité médiocre, ne trouvaient pas acquéreur en dépit de plusieurs mises aux enchères successives et de mises à prix très inférieures à lestimation des services fonciers. Ces biens, souvent de petite taille et en très mauvais état, ne sont en effet pas susceptibles dintéresser des acquéreurs individuels. Les professionnels ne sont pas davantage intéressés par ces biens isolés peu propices à une opération de promotion immobilière. Cest pourquoi, le Conseil du Patrimoine Privé a proposé que les biens de ce type, après 2 ou 3 adjudications infructueuses, soient mis en réserve et regroupés en fin dexercice en un lot global susceptible dintéresser un acquéreur professionnel. Ce lot serait attribué au plus offrant, soit par voie dadjudication publique, soit après une procédure de consultation. Il pourrait être aussi imaginé que ces biens fassent lobjet dune remise en état sommaire sil apparaissait que celle-ci est de nature à permettre une cession dans des conditions économiques plus favorables mais cette dernière hypothèse ne devrait être envisagée quavec la plus grande prudence eu égard à laléa financier substantiel quelle comporte. b) Modalités de cession des logements du domaine privé Au cours de lannée écoulée, la Ville a invité le Conseil du Patrimoine Privé à réfléchir à de nouvelles modalités de cession des logements du domaine privé. La Ville, ayant reçu de nombreuses demandes en ce sens, a consulté le Conseil du Patrimoine Privé sur la possibilité de vendre de gré à gré aux locataires qui le souhaitent, dune part, les logements régis par la loi de 1989 avant larrivée à échéance du bail et la mise en oeuvre de la procédure de congé pour vendre et, dautre part, les logements régis par la loi du 1er septembre 1948 sans attendre léchéance du bail de sortie de ce régime, dune durée de 8 ans, ou, éventuellement, avant même lengagement de toute procédure de sortie du régime de cette loi. Chaque locataire serait, dans cette perspective, destinataire dune offre de vente de la part de la Ville à un prix correspondant à la valeur " libre " du logement. En cas de refus, le régime de la loi de 1948 ou de la loi de 1989 continuerait, selon le cas, à sappliquer. Le Conseil du Patrimoine Privé ne pouvait que constater que le projet envisagé par la Ville constituait un changement radical par rapport aux orientations contenues dans le rapport de la Commission Consultative sur le domaine privé, à savoir la vente, par adjudication, des seuls logements libres et la notification de congés pour vendre aux locataires au terme de leur bail. Le Conseil du Patrimoine Privé ne pouvait donner un avis favorable à un tel changement dorientations -qui devrait en tout état de cause être adopté le cas échéant par délibération du Conseil de Paris- que si les avantages quil présentait lemportaient sur ses inconvénients. Au cas précis, le Conseil du Patrimoine Privé, tout en reconnaissant que les nouvelles modalités de vente envisagées par la Ville traduisaient une volonté de gestion plus dynamique du domaine privé de nature à accélérer le rythme des ventes, à permettre laccession de nombreux locataires à la propriété et à fournir à la Ville des ressources budgétaires additionnelles quelle pourrait consacrer au logement social, a estimé quelles se heurtaient à des objections si fortes quelles ne pouvaient recevoir un avis favorable. En premier lieu, le Conseil du Patrimoine Privé estimait illusoire la perspective de pouvoir vendre des logements occupés au prix de logements vacants, fût-ce à leurs occupants, et craignait que la Ville soit conduite, sous la pression des locataires, à céder ces logements à un prix inférieur à celui qui pourrait être obtenu par la mise en oeuvre des procédures habituelles. En deuxième lieu, un tel mécanisme aurait privé la Ville des garanties quoffre la vente par voie dadjudication publique tant en termes de transparence que de produit de la vente, lexpérience ayant montré -comme rappelé plus haut- que les prix susceptibles dêtre atteints lors de ladjudication sont parfois très supérieurs au prix moyen des transactions sur le marché. Enfin et surtout, le mécanisme envisagé revenait, sagissant des logements régis par la loi de 1948, à offrir aux locataires un effet daubaine, un avantage inattendu et peu justifiable sajoutant, pour les intéressés, à celui que constitue déjà le fait doccuper un logement soumis à ce régime très favorable. Pour lensemble de ces raisons, le Conseil du Patrimoine Privé estime souhaitable de sen tenir aux principes contenus dans les conclusions du rapport de la Commission Consultative. c) Préparation des cessions de gré à gré La Commission Consultative et le Conseil de Paris ont adopté le principe du recours à la procédure dadjudication publique chaque fois que les caractéristiques du bien cédé ny font pas obstacle. Il nest donc recouru à la procédure de vente de gré à gré que de manière exceptionnelle, par exemple dans le cas de biens susceptibles dintéresser un unique acquéreur. Le Conseil du Patrimoine Privé a ainsi statué sur le cas dun débarras contigu à un appartement, dun terrain enclavé dans une propriété ou encore du mur pignon dun immeuble dans lequel la Ville ne détenait plus aucun lot. Si le Conseil du Patrimoine Privé ne formule aucune objection de principe quant au recours à la vente de gré à gré dans ces cas très particuliers, il tient à souligner une difficulté rencontrée lors de la préparation des ventes correspondantes. A plusieurs reprises, en effet, le Conseil a été saisi par la Ville de propositions de cession pour lesquelles les négociations avec lacquéreur potentiel étaient achevées. Le Conseil se trouvait donc dans une situation peu satisfaisante du point de vue de lexécution de sa mission. Soit il entérinait la cession aux conditions négociées par la Ville, même si celles-ci lui semblaient insuffisantes, soit, en raison de cette insuffisance, il émettait un avis défavorable global alors même quil était daccord sur le principe de la cession, puisquil ne disposait plus de la possibilité de formuler des réserves sur le prix proposé au futur acquéreur. Le Conseil a donc été amené à rappeler que sa mission consistait à émettre, préalablement à la cession de chacun des biens du domaine privé, un avis portant tant sur la procédure à retenir que sur les conditions destimation du bien cédé. Il estime ne pas être en mesure de remplir sa mission lorsque des propositions lui sont soumises dans les conditions sus-évoquées. Cest pourquoi il demande à la Ville de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas et quil soit, à lavenir, consulté suffisamment en amont des ventes de gré à gré pour être mis à même démettre un avis dans des conditions conformes à la lettre comme à lesprit de sa mission. 4.3 - Relations avec les autres collectivités publiques A deux reprises au cours de sa deuxième année dactivité, le Conseil du Patrimoine Privé a été conduit à réaffirmer avec force le principe fondamental selon lequel si une collectivité publique ne saurait, bien évidemment, prodiguer des libéralités au profit de particuliers, elle ne saurait davantage en faire bénéficier dautres collectivités publiques. Si les propositions de cession de biens de gré à gré à des particuliers soumises au Conseil du Patrimoine Privé nont jamais revêtu un tel caractère, le Conseil a été conduit à assortir deux de ses avis concernant des cessions à des collectivités publiques de réserves liées à la faiblesse du prix de cession. Le premier cas concerne le projet, examiné
au cours de la séance du 15 octobre 1997, de vente au Ministère de la Défense dun
bien de très grande qualité situé dans le Dans le second cas, la Ville souhaitait céder à la Commune de Livry-Gargan un terrain à titre gratuit en échange dun simple transfert de gestion dun autre terrain, appartenant au domaine public de ladite commune. Le Conseil du Patrimoine Privé sest opposé aux modalités de cette transaction, estimant quelle devait sopérer dans une totale transparence et dans le respect de la vérité des prix. Le Conseil a ainsi assorti son avis favorable de la condition que le terrain appartenant à la Ville de Paris soit vendu à un prix égal à lestimation des services fonciers, quitte à ce que le transfert de gestion prévu initialement en contrepartie de la cession à titre gratuit seffectue à titre onéreux comme lautorise larticle R.58 du Code des domaines. |
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| Conclusion | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Au cours de sa deuxième année dactivité, le Conseil du Patrimoine Privé de la Ville de Paris a poursuivi le travail, entamé au cours de lannée précédente, de classement des biens du " domaine privé ", de vérification des origines de propriété de ces biens, de préparation et de mise en oeuvre des ventes et de préparation des transferts aux bailleurs sociaux. Le rythme de travail du Conseil du Patrimoine Privé ne sest pas ralenti, loin sen faut, au cours de cette deuxième année. Plusieurs éléments, tenant à la nature du travail réalisé par le Conseil et aux circonstances dans lesquelles ce travail intervient, expliquent toutefois que la progression des indicateurs permettant de mesurer létat davancement de sa mission - notamment le taux de classement - puisse paraître, à première vue, moins soutenue que celle constatée lannée dernière. En premier lieu, le Conseil du Patrimoine Privé a terminé lexamen des biens immobiliers pour lesquels le choix du classement ne posait aucune difficulté. Il en est ainsi, par exemple, des logements de très grande qualité situés dans le VIème arrondissement dont le classement aux fins de vente simposait. Les biens restant à examiner présentent, pour la plupart, des difficultés particulières tenant, par exemple, à la nécessité de réaliser des études approfondies de faisabilité dans loptique dun éventuel transfert aux bailleurs sociaux. En outre, et comme cela a déjà été exposé, une partie des immeubles restant à classer sont occupés en tout ou partie par des associations et le Conseil se montre particulièrement exigeant à légard de la Ville quant aux informations qui lui sont fournies afin déclairer sa réflexion, ce qui ralentit le rythme dexamen des dossiers mais savère indispensable pour que le Conseil soit à même de contrôler la nature et lobjet réel de chacune des associations concernées. En deuxième lieu, il convient de garder à lesprit que le travail du Conseil du Patrimoine Privé est constitué, pour chaque bien, dune chaîne davis successifs dont le classement ne constitue que le maillon initial. Il était indispensable de concentrer leffort, au cours de la première année dactivité, sur le classement afin damorcer le processus devant, in fine, conduite à la vente ou au transfert aux bailleurs sociaux des biens. Au cours de cette deuxième année, le Conseil a donc rendu moins davis relatifs au classement mais sest, en contrepartie, davantage penché sur les mesures de préparation à la vente, telles que la délivrance de congés pour vendre ou lengagement de procédures de sortie de la loi de 1948. Tout cela a permis une accélération du rythme des ventes dont le produit a atteint, pour ne retenir que les ventes par adjudication, un montant de 102 M.F. contre 27 M.F. lannée dernière. Le travail réalisé en aval de la décision de classement est, par nature, plus lent et plus difficile que le classement lui-même. Le classement est en effet décidé unilatéralement par les autorités municipales après avis du Conseil, nimplique aucune mesure de mise en oeuvre et nemporte en lui-même aucun effet juridique à légard des occupants des biens concernés. Pour lengagement des procédures de sortie de la loi de 1948 ou la notification des congés pour vendre, la Ville se heurte en revanche à la résistance des locataires qui acceptent parfois difficilement la mise au niveau du marché de leur loyer ou contestent la légalité du congé pour vendre. Un contentieux important sest ainsi développé qui ralentit la progression du travail commun de la Ville et du Conseil. Enfin, et surtout, le Conseil du Patrimoine Privé a été fortement mobilisé par les recherches relatives aux éventuelles spoliations commises par la Préfecture de la Seine pour le compte de la Ville de Paris lors de lacquisition de biens du domaine privé. Un tiers des séances du Conseil ont été consacrées à ces recherches, chacune des réunions du Groupe dExperts nécessitant un très important travail de préparation. Les travaux relatifs aux spoliations devraient néanmoins être achevés vers la fin de lannée 1998. Cela permettra au Conseil de concentrer, au cours de sa prochaine année dactivité, ses efforts sur quelques sujets de réflexion de fond relatifs à la gestion du domaine privé. A cet égard, le Conseil du Patrimoine Privé sassigne trois principaux objectifs pour lannée qui vient : - la poursuite du classement des biens du domaine permanent et du domaine intercalaire pérenne, en mettant particulièrement laccent sur les locaux associatifs ;- lexamen de la totalité des | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||