| Introduction Les missions et le fonctionnement du Conseil du Patrimoine Privé Bilan de l'activité du Conseil du Patrimoine Privé de Février 1996 à Février 1997 Conclusion
|
| Introduction | ||
| Le Conseil du Patrimoine Privé de
la Ville de Paris a été installé le 28 février 1996 par le Maire de Paris, avec pour
mission première de veiller à la mise en oeuvre des conclusions et orientations
contenues dans le rapport sur le domaine privé de la Ville de Paris établi le Les dispositions de larrêté du 28 février 1996, créant le Conseil, lui laissaient une certaine marge dans la définition de ses attributions : une conception minimaliste conduisait cependant à le cantonner dans un rôle de classement et de définition générale des modalités de cession des propriétés communales, tandis quune interprétation extensive pouvait lamener à simpliquer dans lensemble des opérations susceptibles de faciliter la transformation du patrimoine. Le Conseil du Patrimoine a clairement pris ce second parti, estimant que sa mission impliquait quil fût associé à tous les stades de la politique patrimoniale de la Ville, et notamment quil intervienne dans la détermination des mesures de gestion destinées à préparer la cession des divers éléments du domaine privé ou, dans les cas exceptionnels de maintien définitif dans le patrimoine, à assurer leur affectation. Pour extensive que soit cette définition de sa mission, le Conseil du Patrimoine reste un organe purement consultatif, dont les avis ne sauraient lier la compétence des autorités municipales, seules investies, légalement et légitimement, du pouvoir de décision. Le lien de confiance instauré avec ces autorités, qui ne se sont, au cours de la première année dactivité du Conseil, écartées quen une seule occasion de ses propositions, lui confère cependant une responsabilité particulière dans la définition de la politique domaniale de la Ville de Paris. Le présent rapport a pour objet détablir le bilan des travaux de la première année dactivité du Conseil du Patrimoine, de présenter létat davancement des procédures de vente et de transfert aux bailleurs sociaux, et de formuler quelques recommandations sur la conduite de ces procédures. Ce rapport concerne lactivité ordinaire du Conseil du Patrimoine et sarrête au terme de cette première année, soit le 28 février 1997. Il ne fait donc pas état, sinon en termes généraux, des travaux correspondant à lexercice de la mission confiée au Conseil du Patrimoine en novembre 1996. Si le Conseil du Patrimoine est pratiquement parvenu, au cours de cette première année, à remplir la première mission qui lui était assignée - procéder au classement de lensemble des propriétés communales aux fins de transfert aux bailleurs sociaux, de vente, ou de maintien dans le domaine communal - les opérations de cession des propriétés communales se sont trouvées sensiblement ralenties, dune part, par les délais de procédures et les difficultés techniques rencontrées dans lexamen des dossiers, dautre part et surtout, par les questions soulevées depuis le mois doctobre 1996 concernant les modalités dacquisition dune partie du domaine privé pendant lOccupation. La nécessité de procéder à un examen systématique des origines des propriétés communales, et de faire toute la lumière sur les acquisitions réalisées entre 1940 et 1944, a profondément transformé la mission et les méthodes de travail du Conseil, dont larrêté constitutif a dailleurs été modifié pour ce faire le 28 janvier 1997. Avant de les exposer, il convient de rappeler quelques données dont la définition précise paraît indispensable à la compréhension du présent rapport, lexpérience du Conseil comme de la Commission qui la précédé montrant que de nombreux malentendus peuvent être évités si les éléments de base de lanalyse dans ce domaine sont explicités. 1 - La notion de « domaine privé » a été entendue par le Conseil du Patrimoine au sens où elle lest traditionnellement à Paris, donc sans remise en cause dune terminologie qui est davantage fonctionnelle que juridiquement correcte. Une telle remise en cause aurait induit, en effet, plus dinconvénients pratiques que davantages réels. Le « domaine privé » sentend ainsi, non pas de toutes les propriétés qui ne relèvent pas dun régime de domanialité publique, mais uniquement du domaine immobilier locatif, et seulement de la fraction de ce domaine qui se trouve directement gérée ou supervisée par le service du domaine privé de la Ville de Paris. Il exclut donc les biens gérés par dautres services, de même que les immeubles gérés par des sociétés déconomie mixte, par lOPAC ou par des sociétés de HLM. Le domaine privé comporte lui-même deux sous-ensembles, distingués en fonction de leur destination :
2 - La loi de 1948 constitue une autre donnée qui, pour être souvent méconnue, conduit à de nombreuses erreurs dinterprétation. Cette loi de laprès-guerre est particulièrement protectrice des intérêts des occupants titulaires dun bail entrant dans son champ dapplication, auxquels elle confère notamment un droit au maintien dans les lieux à vie. Elle comporte un classement des locaux en fonction de leurs caractéristiques de confort : la catégorie I a été entièrement libérée ; la catégorie II A ouvre la possibilité de fixer librement les loyers ; les catégories II B et II C permettent dans certains cas une sortie du régime de la loi de 1948, à lissue dun bail spécifique de huit ans au cours duquel le loyer est progressivement porté au niveau du marché ; les catégories III A, B et C et IV ne permettent pas dengager une procédure de réévaluation du loyer. 3 - Le « logement social » figure également parmi les données dont le contenu nest pas toujours clairement identifié dans lopinion. Il doit être distingué du « logement dinsertion », non à raison de la vocation sociale, qui est commune aux deux types de logements, mais à cause de la population concernée - le logement social sadressant aux ménages solvables - et des caractéristiques de gestion qui en découlent - le logement social étant géré par des organismes dHLM selon une législation spécifique - ainsi que des critères techniques du logement - lesquels relèvent eux-mêmes de la législation HLM. A lintérieur de la catégorie du logement social, on distingue les logements PLA, qui ont un caractère social accentué (à raison des conditions de ressources et des niveaux de loyer pratiqués), et les PLI, moins éloignés des conditions de marché. 4 - Les locaux commerciaux obéissent, quant à eux, à une problématique distincte de celle des locaux dhabitation. La durée des baux est en règle générale de 9 ans. Le niveau des loyers répond normalement à une logique de rendement intrinsèque, et non de marché local ; la comparaison des loyers commerciaux et des loyers dhabitation, même dans un même quartier, a donc peu de sens. Enfin le décret du 30 septembre 1953 instaure un mécanisme de plafonnement des loyers, auquel il ne peut être dérogé que dans des conditions limitativement définies, notamment dans le cas de modifications notables de la commercialité locale, des conditions du bail, ou du commerce exercé. 5 - Le maintien dun bien immobilier dans le domaine privé mérite, par ailleurs, quelques explications, car il a souvent été mal compris. Loption fondamentale retenue par la Commission Consultative sur le domaine privé de la Ville de Paris et approuvée par le Conseil de Paris était - dans la ligne dobservations faites antérieurement par des organismes de contrôle - que le domaine immobilier locatif de la Ville navait pas à demeurer de manière pérenne dans le patrimoine de la collectivité. On renverra, sur ce point, au rapport de la Commission sans y insister à nouveau. Deux voies souvraient donc à titre principal pour les biens dont il sagit : le transfert aux bailleurs sociaux des immeubles correspondant à une occupation sociale et, pour les autres biens immobiliers, la mise sur le marché. La Commission consultative navait pas exclu cependant quà titre exceptionnel, certains biens se trouvent maintenus dans le patrimoine de la Ville à raison de leur affectation à des services publics ou dintérêt général, ou de lécart constaté entre un intérêt architectural et patrimonial exceptionnel et un faible potentiel dattraction pour des investisseurs. Ce maintien - qui a un caractère tout à fait résiduel, ainsi quon le verra, mais durable - doit être distingué naturellement de la conservation intercalaire, dans le domaine privé, de logements dont les baux ne sont pas arrivés à expiration ou qui font lobjet dune protection légale, comme ceux qui relèvent du régime de 1948. Ici encore - contrairement à ce que lon a pu lire avec étonnement ici ou là - la collectivité publique, comme tout bailleur, ne peut sexonérer du respect des lois protégeant les locataires. Elle peut, en revanche - et elle doit même - mettre en oeuvre toutes les dispositions de ces mêmes lois qui cantonnent ces avantages ou prévoient leur suppression dans tel ou tel cas. On verra que cest aussi à cette tâche que semploie le Conseil du Patrimoine Privé.
|
||
| Les missions et le fonctionnement du Conseil du Patrimoine Privé | ||||
| Missions du Conseil du Patrimoine Créé par un arrêté du 28 février 1996, le Conseil du Patrimoine Privé de la Ville de Paris est un organe indépendant, disposant dune compétence consultative générale en ce qui concerne les questions relatives au « domaine privé » de la Ville de Paris - entendu, ainsi quon la précisé, comme lensemble des immeubles gérés par le « service du domaine privé » de la Ville ou dont la gestion par des sociétés déconomie mixte est supervisée par ce service. Dans ce cadre, le Maire de Paris peut saisir le Conseil afin de recueillir son avis et le Conseil peut lui-même se saisir de toute question entrant dans son champ de compétence. a) Sa mission principale consiste à veiller à la mise en oeuvre des conclusions et orientations contenues dans le rapport sur le domaine privé de la Ville de Paris établi le 30 novembre 1995 par la Commission consultative sur le domaine privé de la Ville de Paris et approuvé par le Conseil de Paris au cours de sa séance du 18 décembre 1995. A ce titre :
b) A la suite des interrogations suscitées par les modalités
dacquisition dune partie du domaine privé pendant lOccupation, le maire
de Paris, par une lettre du
Composition du Conseil du Patrimoine Statutairement, le Conseil du Patrimoine comprend un Président, cinq membres titulaires et trois membres suppléants, nommés par le maire de Paris après consultation du Président, à raison de leur expertise dans les domaines juridique et immobilier. Au 29 février 1997, sa composition était la suivante :
M. Georges MERCADAL, délégué général de lUnion nationale des fédérations dorganismes HLM et Me Marc ALLEZ, notaire, respectivement membre et membre suppléant du Conseil du Patrimoine dans sa formation dorigine layant quitté pour des motifs tenant à leurs obligations professionnelles, ont été remplacés par M. Marcel LAIR et Me Gabriel VIDALENC. Le Conseil du Patrimoine est assisté par un rapporteur qui, au 28 février 1997, était M. Jean-Yves OLLIER, auditeur au Conseil dEtat. On soulignera, à ce stade, le fait que la quasi-totalité des membres du Conseil ont fait précédemment partie de la Commission consultative sur le domaine privé. Ceci a, en effet, contribué largement, au cours de la première année de fonctionnement, à lefficacité de laction. Procédures dexamen des dossiers Le Conseil du Patrimoine a tenu 26 séances au cours de sa première année dactivité (du 28 février 1996 au 28 février 1997), soit en moyenne une séance toutes les deux semaines. Son activité consultative peut se décomposer en deux séries dopérations. 3.1. Examen de questions dordre général On a rappelé précédemment que le Conseil du Patrimoine privé pouvait être saisi de toutes question générale relative au domaine privé de la Ville de Paris. A ce titre, et en amont de lexamen particulier de chaque immeuble et de chaque lot, le Conseil a notamment été amené à se prononcer sur :
Ces différents points seront développés dans la dernière partie du présent rapport dactivité. 3.2. Examen particulier de chaque immeuble et de chaque lot a) Classement La première mission du Conseil du Patrimoine a consisté à proposer au Conseil de Paris un classement exhaustif des immeubles et lots du domaine permanent aux fins de vente, de transfert aux bailleurs sociaux ou de conservation dans le domaine de la Ville. La situation de chaque immeuble est, sous ce rapport, examinée au regard des critères énoncés par la Commission consultative et adoptés par le Conseil de Paris :
Les dossiers de classement adressés aux membres du Conseil, en principe dans la semaine qui précède chaque séance, comportent :
Les immeubles qui paraissaient manifestement destinés à la vente - soit parce que leur valeur vénale dépassait amplement le seuil susmentionné de 15.000 F par m², soit parce que la Ville ny possédait que des lots de copropriété dispersés se prêtant difficilement à une affectation au logement social - ont fait lobjet, pendant les quatre premiers mois dactivité du Conseil, dune procédure dexamen simplifiée, sans enquête sociale préalable. Le souci déviter les effets de « guettoïsation » de la Ville et la nécessité en découlant de favoriser la mixité de lhabitat dans certains quartiers, notamment les cinquième et sixième arrondissements de Paris, a cependant conduit le Conseil du Patrimoine à réexaminer la situation de huit de ces immeubles et à proposer le transfert aux bailleurs sociaux de cinq dentre eux, au vu des résultats dune enquête sociale complémentaire. b) Modalités de cession et mesures de gestion Le Conseil du Patrimoine se prononce non seulement sur le principe de la vente ou du transfert aux bailleurs sociaux de chaque immeuble, mais aussi sur les modalités de gestion et de cession de chaque lot. Après que le classement dun immeuble a été adopté par
le Conseil de Paris, le Conseil du Patrimoine est donc à nouveau saisi dopérations
très diverses selon le type doccupation (logement, commerce, association,
administration) et le régime juridique de la location
c) Vérification des origines de propriété Le Conseil du Patrimoine nestimait pas nécessaire, jusquen octobre 1996, de vérifier lui-même dans chaque cas où une cession était envisagée, les origines de propriété du bien cédé. Comme pour toute collectivité ou particulier, ce type de vérification incombe en effet aux notaires chargés de la transaction, lors de la mise en vente. Les interrogations suscitées, en octobre 1996, par les modalités dacquisition de certaines propriétés communales pendant lOccupation, ont cependant conduit le maire de Paris à confier au Conseil du Patrimoine, le 26 novembre 1996, une mission complémentaire de vérification systématique des origines de lensemble des immeubles du domaine privé et de tous autres immeubles désignés par le maire. Le Conseil a pour mandat de rechercher les immeubles susceptibles davoir été acquis par la Préfecture de la Seine pour le compte de la Ville, directement ou indirectement, par spoliation de propriétaires victimes des mesures de discrimination organisées par le régime de Vichy et le commandement militaire allemand. A cette fin, le Conseil du Patrimoine a entrepris sans délai lexamen de lensemble des actes dacquisition des immeubles du domaine privé, avec laide des notaires de la Ville et de trois autres notaires. Cet examen conditionne la levée, au cas par cas, de la suspension des opérations de cession décidée par le maire en octobre 1996. La procédure suivie par le Conseil est déterminée par la date dacquisition de limmeuble :
|
||||
| Bilan de l'activité du Conseil du Patrimoine Privé de Février 1996 à Février 1997 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 1. Le classement des immeubles du domaine privé 1.1. Domaine privé permanent Le Conseil du Patrimoine sest prononcé, de février 1996 à février 1997, sur le classement de 232 des 350 immeubles du domaine privé permanent, soit 66 % de ce parc. Les immeubles examinés représentent 97 % des logements (1.466 sur 1.532) et des locaux commerciaux (242 sur 250) du domaine. La différence entre ces deux séries de chiffres sexplique par le fait que, si le Conseil du Patrimoine sest prononcé sur la quasi-totalité des immeubles affectés au logement ou à un usage commercial, il a en revanche différé lexamen du cas dimmeubles affectés principalement ou exclusivement à une occupation associative. Le classement de ces derniers était en effet subordonné à la formulation de la position des autorités municipales sur larticulation entre la politique associative de la Ville - qui nentre pas dans le champ de compétence du Conseil du Patrimoine - et la gestion du domaine. Le Conseil a en outre sursis à statuer sur les cas de 24 immeubles (7 %) et 76 logements (5 %), dans lattente de compléments dinformations. a) Répartition générale des propriétés classés
* Les propositions de classement aux fins de vente ont porté sur 130 immeubles (soit 62,8 % de ceux sur lesquels le Conseil a statué), comprenant 781 logements (soit 56,2 % du total des logements classés) et 112 commerces (52,5 %). Le décalage entre les proportions dimmeubles et de logements ainsi classés sexplique notamment par le fait que la totalité des immeubles en copropriété ont fait lobjet dun classement aux fins de vente, pour les raisons exposées ci-dessus. Si lon ne retient que les immeubles possédés par la Ville en pleine propriété, le pourcentage de classement aux fins de vente tombe à 44 %. La proportion des logements relevant de la loi de 1948 classés aux fins de vente sélève à 60 %. Elle est donc plus élevée que celle de la moyenne des logements. Ce chiffre paradoxal sexplique par le fait que 68 % des logements soumis au régime de la loi de 1948 sont situés dans les arrondissements centraux (1er à 7ème), où tant la valeur vénale des immeubles que la situation sociale des locataires rendent difficile un transfert aux bailleurs sociaux. * Le transfert aux bailleurs sociaux a été proposé pour 36 immeubles. Ces immeubles ne représentent que 17 % des immeubles classés, mais 28 % de ceux que la Ville détient en pleine propriété. Ces immeubles comprennent 587 logements - soit 42 % du total des
logements * Le Conseil a enfin proposé le maintien dans le patrimoine
communal de Dans tous les cas, ce maintien est justifié par laffectation principale de limmeuble à une occupation administrative, associative dintérêt général ou culturelle. b) Répartition géographique des propriétés classées
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
La répartition géographique des propriétés classées fait apparaître une nette concentration des ventes dans les arrondissements centraux qui sexplique notamment par le niveau élevé de la valeur vénale des immeubles. Le Conseil du Patrimoine sest cependant attaché - comme
on la souligné précédemment - à promouvoir la mixité de lhabitat dans les
quartiers plus démunis en logements sociaux, en proposant le classement de certains
immeubles aux fins de transfert aux bailleurs sociaux, par dérogation au critère de
valeur vénale susmentionné lorsque la situation sociale des locataires ou le taux de
vacance de limmeuble le permettait. Ainsi, 199 logements ont-ils été classés aux
fins de transfert aux bailleurs sociaux dans les quartiers centraux et c) Le classement des commerces suit celui de limmeuble auquel ils sont rattachés, déterminé par la valeur vénale et le niveau des loyers des logement, ainsi que les caractéristiques sociales de loccupation. La Commission consultative avait certes envisagé le maintien dans le patrimoine communal des locaux commerciaux dans les quartiers où un risque de désertification commerciale était susceptible de se présenter. Cette exception na cependant pas trouvé à sappliquer, la majorité des locaux commerciaux du patrimoine communal étant situés dans le centre de Paris dans des quartiers à forte commercialité. d) Ladoption par le Conseil de Paris des propositions de classement A la date du 29 février 1997, le Conseil de Paris sétait prononcé sur le classement de :
Lavis du Conseil du Patrimoine a été confirmé dans tous les cas 1.2 Domaine intercalaire pérenne Le Conseil du Patrimoine, au cours de sa première année dactivité, sest prononcé sur le classement de 62 des 150 immeubles du domaine intercalaire pérenne défini - ainsi quon la rappelé - comme lensemble des immeubles et lots acquis à titre théoriquement provisoire par la Ville dans le cadre dopérations durbanisme, mais demeurés dans son patrimoine à la suite de labandon desdites opérations. Le Conseil a classé 42 de ces immeubles aux fins de vente (dont 39 immeubles en copropriété), 8 aux fins de transfert aux bailleurs sociaux et a sursis à statuer sur 12 cas, le plus souvent dans lattente dune étude de faisabilité sur un transfert aux bailleurs sociaux. Ces propositions sinversent si lon compare le nombre de logements ainsi classés : 126 (soit 48 %) aux fins de vente et 139 (soit 52 %) aux fins de transfert aux bailleurs sociaux. La synthèse des résultats du classement des propriétés du domaine permanent et du domaine intercalaire fait apparaître - au 28 février 1997 - que sur 1655 logements classés, 907 (soit 55 %) lont été aux fins de vente, 726 (soit 44 %) aux fins de transfert aux bailleurs sociaux et 22 (soit 1 %) aux fins de maintien dans le patrimoine communal. 2. La vérification des origines des propriétés communales a) Au 28 février 1997, le Conseil du Patrimoine avait vérifié les modalités dacquisition de 73 immeubles (22 % de ceux du domaine privé permanent, 921 logements (61 %) et 119 commerces (48 %). Le Conseil a sursis à statuer, compte tenu des éléments qui lui étaient soumis, sur le cas de 3 immeubles comprenant 30 logements et 1 commerce. Il a, en outre, réservé lexamen des immeubles situés dans le périmètre de lancien îlot insalubre n° 16, acquis pendant lOccupation, et sur lesquels un sursis à statuer a également été prononcé. Dans les autres cas, la confirmation du fait que les immeubles navaient fait lobjet daucune mutation pendant cette période permet la poursuite des opérations de vente et de transfert aux bailleurs sociaux. b) Parallèlement, le Conseil du Patrimoine a engagé une étude approfondie des conditions dacquisition des immeubles entrés dans le patrimoine communal pendant lOccupation. Pour léclairer dans cette démarche, le Conseil a entrepris, en février 1997, de constituer un Groupe dExperts, comprenant des représentants de la communauté juive et des associations danciens Déportés, des juristes, des historiens et des responsables des administrations concernées. Laccomplissement de la mission du Conseil du Patrimoine supposait que soient levés les obstacles juridiques à laccès et au traitement des informations en cause. La loi du 3 janvier 1979 sur les archives soumet en effet la consultation des documents comportant des informations relatives à la vie privé à un délai spécial de 60 ans. En outre, larticle 31 de la loi du 6 janvier 1978 « interdit de mettre ou conserver en mémoire informatisée, sauf accord exprès de lintéressé, des données nominatives qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou les opinions (...) religieuses... » ; il ne peut être fait exception à cette interdiction que sur proposition ou avis conforme de la CNIL par décret en Conseil dEtat. La première difficulté a pu être levée par une démarche auprès du Ministre de la Culture en vue de lobtention dune dérogation au délai de 60 ans pour laccès aux archives pertinentes. La seconde question, plus délicate, a conduit le maire de Paris à saisir en février 1997 la Commission nationale de linformatique et des libertés, afin de déterminer dans quelles conditions le Conseil du Patrimoine pouvait être autorisé à constituer et à enregistrer sur un support informatique une liste des propriétaires spoliés comportant des informations nominatives (dès lors quune telle liste ferait apparaître, de façon indirecte, les « origines raciales » ou les « opinions religieuses » de personnes persécutées en raison de ces origines ou de ces opinions pendant lOccupation). 3. Les modalités de gestion et de cession des immeubles du domaine privé 3.1. Les mesures de préparation à la vente a) Le déplafonnement des loyers commerciaux Le domaine privé permanent comprend 250 locaux commerciaux. Le Conseil du Patrimoine sest prononcé en faveur de la réévaluation des loyers de locaux commerciaux susceptibles dêtre déplafonnés. Ces déplafonnements visent à permettre à la Ville de tirer le meilleur parti de la vente des locaux commerciaux, dont la valeur vénale est fonction du niveau du loyer pratiqué. Les ressources locatives tirées des locaux en cause sont passées de 18.000.000 F au 28 février 1996 à 19.254.047 F au 28 février 1997. Dans le VIème arrondissement de Paris, qui concentre 73 commerces, 25 procédures de déplafonnement ont été engagées. Elles ont permis une progression des loyers de la Ville de 6,6 % sur la période de référence (271.804 F sur une base de 4.083.790 F) et devraient, à léchéance des étalements accordés par la Ville, conduire à une augmentation de 74 % (3.013.958 F). Il convient de relever que la gestion des locaux commerciaux a fourni le seul cas observé à ce jour de divergence entre lavis du Conseil du Patrimoine et les décisions des autorités municipales, à propos du montant du loyer déplafonné de la location commerciale du 16, rue de lAbbaye (anciennement occupée par la librairie « Le Divan »). b) Les congés pour vendre Au 28 février 1997, le Conseil du Patrimoine sétait prononcé sur la notification de 16 congés pour vendre de logements dont les baux expiraient entre le 30 novembre 1996 et le 30 septembre 1997. La nécessité de donner au locataire un préavis de six mois, et le délai incompressible de mise en copropriété des immeubles communaux - lié à lintervention du géomètre-expert et à la rédaction du règlement de copropriété - nont pas permis de procéder à la notification des congés aux locataires dont les baux expiraient avant le 31 octobre 1996. Dans ce cas, le Conseil du Patrimoine a proposé une réévaluation des loyers au vu des références fournies par lobservatoire des loyers de lagglomération parisienne. En outre, le moratoire sur les opérations de cession décidé par le maire en octobre 1996 a empêché la notification dans les délais légaux de huit congés, sur des locations expirant les 30 novembre et 31 décembre 1996, dès lors que les origines des propriétés en cause navaient pu être vérifiées en temps utiles. Trois des locataires concernés se sont cependant engagés spontanément à quitter le logement quils occupaient à lexpiration de leur bail. Les cinq autres nont pas estimé devoir agir de même. Tout en constatant quen droit cette attitude ne pouvait être contestée, le Conseil du Patrimoine a regretté que se trouve ainsi matérialisé un risque quil avait identifié dès le mois doctobre 1996. Un congé pour vendre na pas été notifié en raison de létat de santé du locataire. Au total, 10 congés ont été régulièrement notifiés avant le 28 février 1997. A cette date, un seul des locataires concernés avait accepté loffre de vente attachée au congé. c) Les procédures de sortie du régime de la loi de 1948 La Commission consultative et le Conseil de Paris ont retenu le principe dune vente des locaux vacants. Pour les logements soumis au régime de la loi de 1948, la mise en oeuvre du congé pour vendre est subordonnée, en dehors du cas des occupations irrégulières et des logements classés en catégorie II A, à lengagement dune procédure de sortie de ce régime à lissue dun bail spécifique de huit ans, qui permet de porter progressivement le loyer au niveau du marché. Dans le cas des logements classés en catégorie III B ou III C, cette procédure ne peut être engagée quaprès un reclassement en catégorie II B ou II C. Le Conseil du Patrimoine est systématiquement consulté sur lapplication de ces procédures, notamment sur la détermination de la catégorie de reclassement et sur le niveau du loyer dobjectif devant être atteint au terme du bail de huit ans. Au 29 février 1997, il avait examiné 79 des 186 logements soumis au régime de la loi de 1948 dont le classement aux fins de vente avait été confirmé par le Conseil de Paris. Sur cet ensemble de logements, tous situés dans le sixième arrondissement :
3.2. La préparation des transferts aux bailleurs sociaux Le Conseil de Paris a approuvé, au 29 février 1997, le principe du transfert aux bailleurs sociaux de 22 immeubles du domaine permanent comprenant 416 logements. Le Conseil du Patrimoine navait cependant été saisi, à cette date, des modalités pratiques du transfert daucun de ces immeubles. Ce retard tient notamment au fait que la diversité de la situation des immeubles en cause, au regard de lampleur des travaux a opérer et de la situation sociale des immeubles en cause, suppose une étude approfondie de chaque opération par les services municipaux et les maîtres douvrage. Le Conseil du Patrimoine a invité les services de la Ville à lui soumettre les premiers dossiers dopérations avant la fin de lannée 1997. 3.3. La préparation et les premiers résultats des ventes a) Pendant la période de référence, le Conseil du Patrimoine sest prononcé sur les modalités de cession de 131 logements vacants situés dans des immeubles ayant fait lobjet dun classement aux fins de vente. La mise à prix des lots vendus par adjudication est fixée au vu de lestimation réalisée par les services Fonciers (qui procèdent systématiquement à une visite des locaux) et déléments complémentaires sur létat et la configuration des locaux. Les relevés opérés par les géomètres pour établir les règlements de copropriété ont fait apparaître, dans le cas de 20 logements, des discordances entre les surfaces mesurées et celles qui avaient fondé les propositions de mise à prix du Conseil du Patrimoine. Lensemble des lots en cause ont fait lobjet dune seconde délibération du Conseil, sur la base des surfaces corrigées. b) Trois séances dadjudication de biens du domaine privé ont été organisées à la Chambre des notaires au cours de la période de référence, les 2 et 9 juillet 1996 et le 28 janvier 1997. Le décalage de six mois entre ces deux dernières opérations est lié à la suspension des ventes décidée par le maire en octobre 1996 à la suite des interrogations suscitées par les modalités dacquisition des propriétés communales pendant lOccupation. Les ventes nont repris quaprès la mise en place dune procédure permettant de vérifier quaucun des biens mis en adjudication navait fait lobjet dune mutation entre juillet 1940 et août 1944. La programmation de chacune de ces ventes a été supervisée par un membre du Conseil du Patrimoine délégué par ce dernier. 23 logements et un local commercial ont été vendus, représentant un produit cumulé de 27.264.200 F. Le prix moyen par m² des propriétés vendues sétablit à 16.932 F (24.808 F par m² pour les 12 propriétés vendues dans le VIème arrondissement). Les adjudications se sont révélées infructueuses dans 12 cas (34 %). 4. Les questions générales soumises au Conseil du Patrimoine Parmi les questions générales soumises au Conseil du Patrimoine, trois problèmes spécifiques ont fait lobjet dun débat approfondi, notamment avec les autorités municipales et les mairies darrondissements. 4.1. Transfert aux bailleurs sociaux Parmi les idées reçues quil est difficile de dissiper rapidement, certaines des plus notables concernent le logement social. En premier lieu, sans méconnaître naturellement la force des motivations des intéressés ni létat de contrainte où ils se trouvent, le Conseil du Patrimoine ne peut que constater que les occupations irrégulières de locaux destinés à des opérations de logement social conduisent, en paralysant la réalisation de telles opérations, à un résultat opposé à lobjectif poursuivi. Ceci est dautant plus notable quune seule occupation peut empêcher le développement dun programme tout entier. En deuxième lieu, il doit être rappelé que, sagissant dun parc déjà constitué, le logement social ne peut se décréter entièrement. Ainsi, les appartements dispersés dans des immeubles en copropriété sont ingérables par les bailleurs sociaux qui nacceptent en général de prendre en charge que des immeubles entiers ou des ensembles suffisamment cohérents et importants. Ainsi, les locataires actuels ne peuvent être purement et simplement évincés au motif que leur niveau de revenu interdirait de réaliser une opération de transfert aux bailleurs sociaux (les locataires en place au moment dun tel transfert disposent, en effet, quelles que soient leurs ressources, dun droit au maintien dans les lieux). Ainsi, il serait économiquement absurde de transférer des logements dont la valeur au mètre carré est telle que leur vente permettrait de réaliser davantage de logements sociaux. La réalisation dun objectif de création du maximum de logements sociaux à partir dun parc existant implique par conséquent une obligation de moyens, mais ne saurait reposer sur une obligation de résultat fixé a priori. Cette donnée dévidence a conduit le Conseil du Patrimoine à développer tous ses efforts en faveur du transfert aux bailleurs sociaux, y compris en dérogeant aux critères adoptés par le Conseil de Paris pour promouvoir la mixité de lhabitat. En troisième lieu, le transfert massif dun patrimoine existant (et non pas à construire) à des bailleurs sociaux relève de modalités moins évidentes à définir que dans le cas de la cession sur le marché : le choix des bailleurs, les conditions financières du transfert, les engagements corrélatifs impliquent une problématique complexe qui requiert réflexion et concertation. 4.2. Locaux commerciaux a) La Commission consultative, dans son rapport du 30 novembre 1996, avait clairement retenu le principe dune vente des locaux commerciaux du patrimoine communal, en relevant que la location de tels locaux constitue une activité de bailleur privé qui ne se justifie, pour une collectivité publique, que pour maintenir une animation commerciale dans certains quartiers où elle tend à disparaître. Elle observait que cette dérogation ne pourrait concerner quune minorité de locaux, la majorité des locations commerciales de la Ville étant situées dans des quartiers à forte commercialité (les Ier, Vème et IXème arrondissements représentent 70 % de lensemble). Ces orientations ont été adoptées par le Conseil de Paris au
cours de sa séance du b) Conformément aux recommandations de la Commission consultative, le Conseil du Patrimoine sest prononcé en faveur de la vente de la majorité des locaux commerciaux qui lui étaient présentés - sauf lorsque la location commerciale était attachée à un immeuble destiné à être transféré aux bailleurs sociaux ou maintenu dans le patrimoine communal. Suivant les configurations rencontrées, le classement aux fins de vente était assorti de deux types de propositions :
Les déplafonnements proposés sont susceptibles, dans les arrondissements centraux, de conduire à des augmentations très substantielles de loyers, notamment dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, dont la commercialité - du fait de linstallation de commerces de luxe - sest fortement accrue au cours des dernières années, et où lécart entre les loyers communaux plafonnés et les valeurs de marché pouvait atteindre un rapport de 1 à 30. Les mesures proposées ont éveillé lattention des maires des arrondissements concernés et des associations de quartiers, qui craignaient que la politique immobilière de la Ville ne contribue à la disparition de commerces traditionnels. Ces réactions ont conduit le Conseil du Patrimoine, à diverses reprises, à expliciter sa position sur ce point. Pour regrettables que soient les évolutions observées, le Conseil du Patrimoine estime que la Ville ne peut utilement y faire obstacle par une politique de maintien de loyers plafonnés, qui conduirait dailleurs à des minorations de recettes dépassant parfois 1 million de francs par emplacement commercial et par an. Ainsi, le souci légitime de maintien dactivités de librairie ou de galeries dart dans le sixième arrondissement ne saurait justifier que la Ville supporte la charge de subventions implicites dun tel montant, alors au surplus que le plafonnement des loyers valorise le bénéfice susceptible dêtre tiré par les locataires en place en cas de cession de leur droit au bail. On sait, en effet, que la valeur de ce droit au bail peut être estimée en capitalisant sur 7 à 9 ans la différence entre les loyers de marché et le loyer consenti à un nouveau locataire. Le maintien de loyers significativement inférieurs à ceux du marché aurait dès lors cette conséquence paradoxale - lexpérience récente la montré - que les locataires seraient en tout état de cause incités à céder les locaux quils occupent et quils le seraient dautant plus que lécart avec le marché serait significatif. Il serait dès lors pour le moins choquant que le contribuable communal finance, indirectement mais nécessairement, la désertification culturelle de certains quartiers en croyant la dissuader. La Ville ne dispose dont - il faut en avoir conscience et lon peut légitimement le déplorer - daucun moyen denrayer laccroissement des loyers commerciaux, en létat dune réglementation dont elle nest pas maîtresse. 4.3. Locaux associatifs a) La Commission consultative, dans son rapport, avait estimé quil nentrait pas dans sa mission de faire des propositions sur les modalités daffectation et de gestion des locaux administratifs ou associatifs, dans la mesure où il ne lui appartenait pas de se prononcer sur la politique municipale de soutien au secteur associatif. Elle invitait cependant les autorités municipales à une réflexion sur les instruments de cette politique, en soulevant notamment la question du principe même de lutilisation du patrimoine privé pour un soutien au secteur associatif : la subvention implicite, consentie par lintermédiaire de loyers avantageux ou symboliques, ne devait-elle pas devenir explicitement budgétée, en compensation dune hausse des loyers ? Elle relevait en outre que les autorités municipales seraient conduites à réexaminer des baux ou conventions conclus à des dates parfois très anciennes et qui pouvaient ne plus correspondre à lobjet initial de lhébergement de lassociation. b) Conformément à ces principes, le Conseil du Patrimoine a sursis à statuer sur les dossiers relatifs aux occupations associatives jusquà ce que les autorités municipales déterminent leur position sur les modalités dutilisation du patrimoine communal pour le soutien au secteur associatif. Cette position a été précisée par une lettre, en date du 26 novembre 1996, de dadjoint au maire chargé du domaine au Président du Conseil du Patrimoine. Elle repose sur les quatre orientations principales suivantes :
c) Sur le fondement de ces orientations, le Conseil du Patrimoine a entrepris en décembre 1996 lexamen des occupations associatives du domaine privé, par catégories dactivité hébergées, en commençant par les établissements daccueil de la petite enfance et les associations daide sociale.
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Conclusion | ||||
| I - Les premiers mois dactivité du Conseil du Patrimoine lui ont permis de mener à bien la première tâche qui lui était assignée : le classement aux fins de transfert aux bailleurs sociaux, de vente ou de maintien dans le patrimoine communal, de chacune des propriétés du domaine privé. Ce travail a été guidé par les orientations proposées par la Commission consultative sur le domaine privé, adoptées par le Conseil de Paris le 18 décembre 1995 : donner sa juste place au logement social, ne conserver un patrimoine permanent quà des fins dintérêt général et mettre sur le marché les autres propriétés communales. Lexamen individuel de plus de 300 dossiers na, à cet égard, fourni aucune raison de remettre en cause ces objectifs, sinon pour renforcer la priorité donnée au logement social ; le Conseil du Patrimoine a ainsi été amené à déroger aux critères de classement proposés par la Commission consultative pour promouvoir autant quil le pouvait la mixité de lhabitat dans certains quartiers relativement démunis en logements sociaux. Cette première mission a pu être conduite efficacement grâce à la qualité des relations de travail établies entre le Conseil du Patrimoine et les services de la Ville, qui se sont entièrement mobilisés au service des nouvelles orientations de la politique domaniale. II - Si le classement des propriétés communales a pu être déterminé dans les meilleurs délais, sa mise en oeuvre navait, à la fin de la première année dactivité du Conseil du Patrimoine, abouti quà des résultats limités : 24 propriétés ont été vendues, 10 congés pour vendre ont été régulièrement notifiés et aucune opération de transfert aux bailleurs sociaux na été menée à son terme. Ces retards tiennent à trois séries de facteurs : la rigueur des procédures daliénation du domaine, les difficultés techniques rencontrées et le bouleversement induit par les interrogations sur les modalités dacquisition de certaines propriétés pendant loccupation. a) Les règles qui encadrent la gestion locative et la cession des propriétés communales induisent, en premier lieu, un délai de 6 à 18 mois entre la première saisine du Conseil du Patrimoine et la cession effective dun immeuble ou dun lot. La loi impose en premier lieu que la cession de chaque lot soit soumise au Conseil de Paris, accompagnée dune estimation des services Fonciers, établissant un délai de procédure incompressible de 3 mois. Ce délai se trouve doublé par le fait que le Conseil de Paris délibère non seulement, comme les textes lexigent, sur la cession de chaque lot, mais également sur la décision de principe de classer un immeuble aux fins de transfert aux bailleurs sociaux, de vente ou de maintien dans le patrimoine. Ce double examen est justifié par le souci de soumettre à lorgane délibérant lensemble des décisions affectant le sort du patrimoine privé. |
||||